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Jazz Power !

L’aventure Jazz Magazine (1954-1974)

Marie Robert / Clara Bastid

delpire & co

Date de parution : 01/07/2021
Poids 1555 g / Dimensions 22.4 x 29.7 cm / 340 pages / fr
ISBN 9791095821359

Nous mettrons les musiciens de jazz dans une situation où l’on plaçait, dans d’autres magazines comme Match, les vedettes de cinéma.
Daniel Filipacchi (1956)

Jazz power ! L’aventure Jazz Magazine (1954-1974) nous fait parcourir en images les 20 premières années de cette revue française qui œuvra à faire découvrir le jazz en France, à faire évoluer la représentation des jazz.wo.men noir.e.s et plus largement celle de la communauté africaine-américaine. Ce livre est le catalogue de l’exposition éponyme qui se tient aux Rencontres d’Arles 2021.

À l’époque des lois de ségrégation raciale aux Etats-Unis (en vigueur jusqu’en 1964) et du difficile processus de décolonisation entamé par la France, rarissimes sont les publications de la presse hexagonale qui mettent en couverture des Afro-Américains comme le fait Jazz Magazine avec Billie Holiday, Abbey Lincoln, Mahalia Jackson, Thelonious Monk, Dizzie Gillespie ou John Coltrane…

D’emblée, la jeune équipe de la revue, fondée en 1954 par Nicole et Eddie Barclay, se fait l’apôtre des emprunts musicaux et des échanges culturels, témoignant ardemment des luttes pour les droits civiques en Amérique, comme des discriminations subies par les Afro-Américain.e.s des deux côtés de l’Atlantique.

Le mensuel devient rapidement le terrain d’expérimentation et de prise de position des deux rédacteurs en chef, dès 1956, Frank Ténot et Daniel Filipacchi. Entourés de passionnés, ils participent activement à la construction des « légendes » en France, entre sacralisation et humanisation, entre mise à distance des stars et révélation contrôlée des coulisses de ce club très exclusif qu’est le jazz.

Ce faisant, ils inventent de nouvelles formes d’écriture journalistique, prescrivent des manières de vivre le jazz et façonnent l’amateur idéal. En deux décennies, ils légitiment le jazz en France comme pratique culturelle, en révèlent sa dimension éminemment politique, qu’ils diffusent auprès d’un public français jeune, hédoniste et avide de modernité américaine.

Les contributeurs de la revue sont nombreux, et en particulier les photographes. Français, italiens, allemands ou américains, tels Horace, Jean-Pierre Leloir, Herman Leonard, Guy Le Querrec, Jean-Marie Périer, Giuseppe Pino, ou encore la jeune photographe Val Wilmer. Ils alimentent tous les mois le magazine, se rendant aux festivals, accompagnant les interviews, organisant des prises de vues… À partir de 1962, les mises en pages graphiques associant photographies, typographies et titres-jeux de mots deviennent sous la direction artistique d’Andréa Bureau la marque de fabrique de la revue, qui célébra ses 20 ans d’existence en 1974.

Le livre :

Conçu pour proposer une expérience rythmée, le livre associe doubles-pages percutantes au format original du magazine, images d’archives, extraits de textes et couvertures mythiques, restituant ainsi la richesse et l’énergie de ces années. Un premier volume regroupe les plus belles doubles-pages du magazine, qui, pliées, s’entrechoquent dans un jeu de correspondances improvisées. Un cahier central, encarté, rassemble une série de reproductions recto/verso des tirages de photographies de presse de l’époque, utilisées pour réaliser les mises en page du magazine, ainsi que deux textes :
-Clara Bastid et Marie Robert, les autrices du livre, ont pu accéder aux archives du magazine et ont rencontré les journalistes et photographes, pour révéler l’esprit de ces années. Pour ce travail, elles sont lauréates de la bourse de recherche curatoriale des Rencontres d’Arles.
-Bernard Loupias, journaliste musical, a croisé Jazz Mag a de nombreuses reprises au cours de sa carrière. Dans son essai Jazz is my Religion, il revient sur cette initiation qui démarra en 1960, où, adolescent, il écoute pour la première fois cette musique qui changera sa vie.

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